Bruxelles à la maison-J5


Collèges d’humanités

"L’écrit est une arme qui permet à chacun de ne pas vivre à genoux" Alain Bellet

Un engagement responsable pour la défense des droits de l’homme

Vendredi 17 avril

Get human

Pour cette dernière demi-journée à Bruxelles, les collégiens ont rendez-vous à 9 heures au siège d’Amnesty International, Chaussée de Wavre, pour une visite de l’ONG internationale, la présentation de leur projet Outside et la remise de l’atlas sur les droits de l’homme.
*Places libres (2017-2018) *So Rights (Genève 2018-2019) *Outside (Bruxelles 2019-2020)
La rencontre a été préparée avec Marine Jeannin, responsable du programme jeunesse à Amnesty International-Belgique francophone-et Amnesty France.
Les 43 élèves ont aussi travaillé à deux reprises cette année le projet avec la Ligue des droits de l’homme de Lot-et-Garonne.
Ils vont avoir à Bruxelles des informations générales sur la situation internationale et le droit humanitaire en lien avec les missions d’urgence des ONG. Ils visiteront l’exposition #JeSuisHumain- réalisée par collectif Huma et Amnesty International et liront avec des collégiens belges le texte "Get human".

Les droits de l’homme aujourd’hui
OUTSIDE

Repenser la liberté dans un monde ouvert

Les collégiens de Castillonnès écoutent attentivement la présentation des responsables d’Amnesty International qui s’appuient sur leurs expositions, des campagnes d’information et des clips, pour certains déjà travaillés en classe et avec Amnesty 47 avec Odile Bailly, Renée et Michel Cori et Anne-Marie Luzorgues, membres du comité de Villeneuve-sur-Lot pour expliquer la notion de droit.

*Balles
*Signatures
*La bougie soufflée

Ils détaillent l’histoire de l’ONG internationale, ses missions, ses combats et précisent l’état actuel des droits humains en Europe.
La mission d’Amnesty international est précisée par rapport à la DUDH et ses objectifs.
Les actions urgentes et les missions d’AI sont aussi des actes de justice pour la dignité et les droits de l’homme.
L’exposé s’appuie sur les valeurs fortes et communes, le droit humanitaire international (travaillé l’an passé au CICR de Genève), les différentes campagnes sur les armes, la justice climatique, les droits des femmes, les migrants et les réfugiés, les droits des enfants, le droit à la santé et le coronavirus....
Le droit à l’expression est évoqué.
Un remue-méninges collectif sur les droits humains permet aux élèves de participer au débat.

Des réalités difficiles

En lien avec le projet OUTSIDE, Marine Jeannin expose les situations d’urgence et l’action d’Amnesty International pour la liberté d’expression et d’opinion en Birmanie, au Chili, aux Philippines, au Brésil, en Russie, en Israël et en Iran.
Elle présente également quelques travaux de classe réalisés sur Amnesty International et l’engagement des jeunes dans l’ONG.
Elle rappelle qu’Amnesty International publie chaque année un rapport qui met au grand jour les violations caractérisées des droits de l’homme et que d’autres organisations, comme la Ligue des droits de l’homme, s’efforcent de mobiliser l’opinion publique.
Dans les pays démocratiques, les médias informent le citoyen. La sécurité passe aussi par l’information.

[Amnesty Jeunes-Bruxelles->https://jeunes.amnesty.be/jeunes/montrez/video/

Pour compléter et terminer l’étude réalisée au CICR de Genève avec les élèves dans le cadre du projet SO RIGHTS sur le droit humanitaire international en mars 2019, Marine Jeannin précise les liens entre le droit international et le droit européen.

Les collégiens de Castillonnès présentent l’atlas des défenseurs des droits de l’homme à la délégation d’Amnesty International.

Le 3ème volet de l’atlas citoyen s’intéresse aux défenseurs des droits de l’homme, aux libertés d’expression et d’information dans le monde et aux prix Nobel de la paix (1901-2019).
Le projet est soutenu par Amnesty International, Reporters sans frontières, la Ligue des droits de l’homme, l’association France-Amérique latine, le Consulat de Belgique de Bordeaux et la Fondation Hippocrène. Il concrétise 8 années de travail avec plus de 500 élèves de 4ème et de 3ème.

Le parcours de projet (2013-2020) souligne de manière précise l’approche étroite des droits de l’homme en lien avec l’histoire et la culture des libertés en mouvement, plus jamais au cœur des préoccupations du monde globalisé et multipolaire qui est le nôtre, l’interprétation constructive à travers les mécanismes internationaux de protection (ONU-Genève et CICR Genève 2019).
Il éclaire les débats et les combats actuels, dans le foisonnement des acteurs et des attentes. Les thèmes étudiés avec les élèves donnent du sens et corps à la défense des droits politiques, sociaux, culturels et de solidarité dans le monde en lien avec l’action des ONG internationales. Les collégiens présentent le tableau mondial des interventions et des combats prioritaires d’Amnesty.
L’occasion pour Marine Jeannin de rappeler aux élèves que le mouvement s’appuie aussi sur les solidarités internationales pour mobiliser les opinions nationales et lutter contre l’indifférence.
Une idée déjà expliquée par Amnesty 47 au collège de Castillonnès pour permettre de sauver les condamnés à mort anonymes, les prisonniers d’opinion….
Il faut être vigilant à ce qui se passe hors de nos frontières et des atteintes aux droits humains.
Face à cela, la réaffirmation des principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme…...
Les collégiens français et belges de l’association lisent quelques articles de la DUDH de 1948.

Les 2 recueils de textes écrits avec les élèves dans l’atlas à partir de leurs exposés et de leurs réflexions (Agora et Figures libres) font de leur ouvrage un forum citoyen et un filtre critique pour défendre les valeurs et les institutions démocratiques et un véritable plaidoyer pour les Droits de l’homme.
Il s’appuie sur les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et sur la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Le travail a fait l’objet d’une évaluation du palier 4 du livret de compétences du socle commun en EMC : culture humaniste, compétences sociales et civiques, maîtrise de la langue française, maîtrise des TICE, autonomie et initiatives dans le cadre du parcours citoyen.
Le projet Outside a été construit à la lumière des enjeux contemporains dans la continuité de la démarche, au cœur de l’histoire et de l’actualité.

La fragilité humaine

24 articles sont aussi parus dans la presse régionale et nationale depuis la mise en oeuvre du projet avec les élèves en 2013. Il s’est construit de manière très motivante étape par étape et dans le cadre d’un projet européen de 2015 à 2018 à Strasbourg, Verdun , Vilnius, Bordeaux, Omaha et Bayeux, Genève et Bruxelles autour des thèmes de la liberté, de la paix, du droit et de la justice internationaux, de l’Europe et de la démocratie.
Les grands défis de l’humanité commandent aujourd’hui de prendre la mesure de la fragilité des démocraties. De la fragilité humaine tout simplement.
Dans ce contexte, la dignité apparaît comme le principe central où viennent fusionner les devoirs…..et l’engagement responsable.
La défense de la dignité humaine, des libertés et de l’égalité n’est pas une évidence partout, surtout dans les régimes autoritaires.

Défendre la dignité humaine partout dans le monde

Les droits de l’homme et la justice internationale constituent le langage commun de l’humanité. Ils témoignent aussi des expériences tragiques et de la complexité du sens même des libertés (d’expression, d’opinion et d’information) dans la construction de la démocratie et des droits de l’homme.

Des textes pour parler des droits humains aujourd’hui

Les collégiens présentent les 18 titres de leur recueil de textes OUTSIDE-Figures libres. Certaines études feront l’objet d’un travail artistique l’an prochain (clip, danse-comment les artistes oeuvrent à partager leur vision du monde).
Les textes du livret ont été pensés et écrits avec les élèves. 9 ont été bouclés.
De petites réflexions politiques et poétiques pour regarder et interroger le monde avec des textes réactifs et créatifs.

Figures libres

Comme si de rien n’était (les combats d’Amnesty International)
Inxilio (actu-monde-droits de l’homme-exposition journée mondiale des droits de l’homme-10 décembre)
Outside (derrière la ligne rouge)
No direction (les droits des opprimés dans le monde)
A crier dans les rues * (Romain Humeau-à tout moment la rue)
Sous le ciel bleu de Szeged (Blanka Nagy-entre révolte et espoir : un combat pour la liberté-l’histoire d’un rêve)
Free to dance (hommage à Afshin Ghaffarian-le bonheur est un droit du peuple iranien-film Desert dancer)
Les hommes ne pleurent pas (13 mots sur les guerres qui n’en finissent pas + 30ème anniversaire de la CIDE)
Nos batailles (la liberté d’information dans le monde en 2020-Reporters sans frontières-ennemis d’Etats)
Le monde ne suffit pas (au-delà des droits)
A visages humains-figures libres (les prix Nobel de la paix 1901-2019-galerie de portraits)
Défendre les droits humains, est-ce un crime ? (défenseurs des droits de l’homme dans le monde-CNCDH Paris)
Rêv’olutions (des luttes pour les libertés toujours brûlantes)
Et maintenant ? (Checkpoint Charlie-Ni après, ni avant : what does the future look like ?-30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin)
Human (Liban, Kurdistan syrien, Turquie, Thaïlande, Bolivie, Kosovo, Ouganda, Philippines, Hong-Kong, Iran, Chili….une année dans le monde à travers la presse-Courrier international-Sud-Ouest-la Dépêche du midi-Géo Ado- Mon quotidien)-CDI
Le cœur ne s’arrête pas quand on meurt (hommage à Daniel Tibi-ex-prisonnier en Equateur-Sud-Ouest Bordeaux)
J’ai choisi la liberté (l’histoire et l’actualité)
Ce que Pékin ne comprend pas (hommage à Liao Yiwu)

Synthèse

Get human (plaidoyer pour les droits de l’homme, la démocratie et la paix : un texte pacifiste pour un monde uni)
La guerre n’est pas la loi du monde / texte de projet "Humanités" 2013-2020

Les collégiens expliquent ce qu’est un défenseur des droits de l’homme.

Ce qui définit un défenseur, c’est en premier lieu son engagement et son action en faveur des droits humains. Ce sont des avocats qui acceptent de défendre des opposants politiques et critiquent les procès injustes, des journalistes qui se battent contre la censure et pour la liberté de la presse font ainsi entrer la défense des droits de l’homme dans le cadre de leur métier, des professionnels et des militants d’associations qui informent les populations de leurs droits, enquêtent et dénoncent les violations des droits humains et luttent pour y mettre fin.
Mais aussi le rapporteur spécial des Nations-Unies, des hommes politiques, des artistes et des citoyens engagés.

Dans le monde, les défenseurs ont progressivement gagné du terrain, accompagnant l’évolution politique de certains systèmes.
Il reste cependant difficile d’établir une cartographie précise de celles et ceux qui tentent, par leur engagement, de résister pour que l’Etat de droit soit une réalité et pour donner corps et sens à la société civile. Une distinction doit en outre être faite entre la majorité des défenseurs qui sont réellement indépendants et ceux qui sont soumis au pouvoir en place. La notion de contrôle et de coercition n’est jamais loin quand on parle des activités des défenseurs des droits de l’homme.
La réelle mainmise des autorités témoigne en creux du pouvoir et de l’influence qui leur sont attribués. C’est en effet parce qu’ils disent et établissent des faits qui dérangent que le pouvoir s’acharne à les empêcher de lui nuire.

Les défenseurs des droits de l’homme ont de fait un rôle fondamental pour la défense des libertés publiques, notamment lorsqu’ils interpellent les autorités ou s’opposent aux régimes autoritaires.
En 2018, nous avons célébré le 20e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1998.
Cette déclaration historique reconnaît le rôle et la responsabilité de chacun dans la poursuite des objectifs des Nations unies, et appelle la communauté internationale, y compris les Etats, à respecter les droits de tous ceux qui défendent et protègent les droits humains.
Vingt-deux ans plus tard, à l’heure où la nécessaire contribution de chacun face au changement climatique, la sécurité sanitaire et aux inégalités est rappelée à chaque instant, où des démocraties européennes prônent le repli sur soi, où certains Etats cherchent à revenir sur le concept même de droits humains, l’action des défenseurs n’a jamais été aussi impérieuse.
Les droits de l’homme sont l’affaire de chacun.

Les élèves français et belges réfléchissent ensemble sur la notion et proposent par groupes une définition du mot défenseur des droits de l’homme. Les collégiens de Castillonnès s’appuient sur les choix de leurs personnages et leurs études thématique dans l’atlas.
Ils présentent à leurs camarades la liste des 250 figures de la liberté et des droits de l’homme qui a été retenue pour le projet Outside.
Cette année, ils ont également du rédiger une plaidoirie illustrant une situation d’atteinte aux droits de l’homme.
Elle devait porter sur une cause concrète et d’actualité, un cas général ou un cas particulier concernant une personne ou une organisation internationale qui a défendu ou défend les droits humains.

Les élèves ont choisi chacun de défendre une cause fondamentale en proposant des plaidoiries riches de références juridiques (droit international), historiques (textes fondamentaux des droits de l’homme), culturelles et philosophiques.
Les thèmes qui ont été choisis dans OUTSIDE : les discriminations, les formes de racisme, de violence ou encore la peine de mort, les inégalités sociales, la pauvreté, la haine, la guerre, l’oppression, le travail des enfants, la contestation politique, les migrations, les prisons, les droits des femmes….
Dans la peau d’un avocat, ils ont chacun écrit un texte pour défendre une cause ou un individu en lien avec les articles de la Déclaration universelle et une association ou une organisation de l’ONU.

Ils ont ainsi travaillé avec Amnesty International 47 et la Ligue des droits de l’homme et rédigé des propositions pour dénoncer et contester, s’exprimer, revendiquer et condamner.
Ils enverront prochainement leurs plaidoiries aux défenseurs des droits de l’homme.

Un élève lit fièrement la lettre qu’il va prochainement adresser à l’actrice australienne Cate Blanchett qui défend la cause des Rohingyas (Birmanie) à l’ONU.
La meilleure façon de combattre les atteintes aux droits de l’homme n’est-elle pas de les présenter devant le tribunal de l’opinion internationale ?

En parallèle, les responsables d’Amnesty montrent aux élèves sur leur site Jeunes les stars qui soutiennent les actions de l’ONG internationale et des modèles de lettres pour écrire des pétitions ou défendre les droits.
Jeunes-Amnesty-Belgique

« Les droits de l’homme ? C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère atteindre. Même s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir » Nelson Mandela

Le débat s’organise avec les membres d’Amnesty International pour expliquer le sens et l’importance de l’engagement individuel et collectif des citoyens dans une démocratie.
Jusqu’où peut-on s’engager pour obtenir davantage de libertés ?

Les collégiens présentent les études réalisées cette année sur Nelson Mandela, Martin Luther King, Simone Veil, Liao Yiwu, Blanka Nagy, Afshin Ghaffarian et Anna Politkovskaïa.

Des messages de paix et de tolérance

L’atlas sur les droits de l’homme (en 3 volumes) est remis à Amnesty International.
L’occasion de revenir sur le choix et la démarche de projet.
Des rencontres imprévues entre la géographie, l’EMC et la musique Une étude et des choix parfois prémonitoires….

Un esprit fondateur

Au départ du projet en 2013, il y a la chanson de Romain Humeau, leader du groupe Eiffel, "A tout moment la rue"…..qui a tout rendu évident.
L’idée a été déterminante. Ce fut ensuite un long cheminement.

Les élèves terminent toujours la présentation de leur projet par cette chanson (leur hymne) et celle du groupe U2 « Sunday bloody Sunday » qui dit que la liberté d’expression est celle qui permet de défendre toutes les autres, pour dire NON à la tyrannie, à la dictature, à l’oppression, à la guerre, aux inégalités.... La liberté d’expression permet de vivre librement et de faire valoir l’ensemble des droits humains.
Le groupe U2 défend les droits de l’homme et a également l’habitude de terminer ses concerts par la projection de la DUDH de 1948.
Avec cette phrase en tête, le sujet est venu tout seul : d’une certaine manière la chanson de Romain Humeau était visionnaire.
Elle a donné l’impulsion nécessaire, a lancé tout le processus.
"A tout moment la rue" et "place de mon cœur" ont été l’épicentre des 6 années de projet, le fil conducteur dans la trame des évènements et des travaux entrepris avec les élèves.
Cet esprit fondateur reste pleinement présent dans le projet Outside. La musique tient une place majeure dans sa conception par le fait qu’elle est porteuse d’un esprit de protestation et de résistance, de contestation, d’un esprit de liberté et d’espoir.
Elle n’est pas plus forte que tout mais immortelle…et qui touche à l’universel.
Utiliser la musique, ce n’est pas simplement la faire entendre.
La musique se matérialise par les textes des élèves.
Les sujets traités dans la plupart des chansons choisies pour illustrer les clips de présentation des exposés sont la pauvreté, les inégalités, l’impérialisme, la démocratie, la religion, les droits de l’homme, l’avenir incertain, les conflits, les déplacements forcés….des réalités difficiles dans le contexte mondial instable.
La musique pour se battre et se faire entendre.
Un manifeste pour dire NON !, une œuvre de combat avec un regard lucide et critique, des visions inspirées sur certaines dérives contemporaines et la brutalité du monde….contre l’humain.

Eiffel-A tout moment la rue-2015
A tout moment la rue-Place de la République-Ouï FM

Des messages de paix et de tolérance, des rêves peut-être inatteignables mais qui ont permis au projet de prendre son sens et de trouver la note juste, émouvante et souvent désabusée….
Des morceaux qui préfigurent le monde de demain inexorablement attirés par une certaine modernité : la fragilité des démocraties, les combats humanistes, les inégalités, la violence des sociétés, les dérives de la mondialisation, les risques sanitaires…..

Tous les passages écrits et travaillés avec les élèves tournent autour des idées fortes de l’actualité et ont influencé l’écriture de certains textes comme "Humanités" et "Agora" (prix UNESCO 2018-la liberté d’expression comme forme d’engagement), « Orange is the new-Revoloutsia » (révolution ukrainienne-place Maïdan-texte écrit pour Ioulia Klekot et inspiré de sa propre histoire) et « China boy" (évènements de la place Tienanmen) pour parler de Jan Wong et Liao Yiwu

La liberté comme unique survie et unique sens.

La chanson contribue à la démocratie quand elle se met au service d’une cause sociale, économique ou politique pour dénoncer des abus, des injustices.. ; elle peut aussi sans s’engager parler de ce qu’elle voit avec sa liberté d’expression et ses propres convictions pour faire écho et donner sens à l’actualité et au cours d’EMC.
C’est aussi une immense responsabilité de faire comprendre la démocratie, la paix, la fraternité, les droits de l’homme à de jeunes élèves… et d’expliquer pourquoi le monde est comme ça.

On a d’abord essayé de partir des textes des déclarations des droits de l’homme de 1789 et 1948, des paroles des chansons et des clips juste pour voir et en quelques minutes on a compris qu’on venait de trouver la direction du projet.
Un travail très dense mais aussi très intéressant car très ouvert.
Il a fallu faire le tri dans les idées et mettre de l’ordre dans les thèmes d’étude et les chansons choisies pour illustrer chaque sujet et construire et un questionnement autour des droits de l’homme, des libertés et de la paix.

L’expression d’un choix et d’un engagement

L’expression de choix est déjà un engagement personnel et collectif.
La chanson, la littérature, l’information ont donné une idée plus précise de ce qu’on voulait faire dans le projet.
Elle ont permis de mettre le doigt sur certaines thématiques : c’est-à-dire trouver le point d’équilibre entre la peur et l’optimisme, entre la responsabilité, l’engagement et l’apathie, d’être conscient de l’état du monde tout en étant "heureux de vivre dans un pays libre".
On se pose aussi les bonnes questions quand on s’intéresse au monde et qu’on prend réellement conscience.
Allier les idées, l’écriture et les textes musicaux était un concept intéressant dans le projet. Le CDI a aussi été un atout précieux.
Trouver pour chaque séquence, pour chaque thème, pour chaque place, ce qui dans l’image pouvait relier aux montages de textes et aux archives…. ou ce qui dans les textes pouvait s’accorder avec la musique, l’actualité.....avec leurs messages de liberté, d’imagination et de pouvoir, portés par une utopie enthousiaste et pleine d’espérance à la lumière des combats d’aujourd’hui.
L’idéal joyeux de sociétés plus démocratiques et plus égalitaires, de changements en cours, possibles et probables.
Un travail de correspondance musical et poétique, censé transmettre en donnant une toute autre lecture en résonnance avec le monde.
Une confrontation intéressante que les élèves ont appréciée.
Une autre manière d’écrire des histoires dans l’Histoire (mouvements de contestation, défense des droits de l’homme…)., au ras du pavé, des émotions, des mentalités et de puiser la force de résistance...dans l’esprit des lieux.

Des idées humanistes

Toute poésie, toute idée engagée et humaniste, tout engagement politique sont une victoire et une conquête sur la force, l’injustice, les inégalités, les discriminations, la barbarie, l’intolérance, la persécution et le terrorisme…….
Le projet n’a jamais été une option, il a été dès le départ un investissement total. Un travail de longue haleine.

Ce n’est pas sans voir travaillé sur le sujet que l’on a suivi l’évolution du monde depuis 2008 et conservé les éléments phares du projet initial.
On a ainsi pu lui donner plus de sens avec des idées différentes complétées tout au long du parcours à Strasbourg, Verdun, Vilnius, Omaha et Bayeux, Genève...et Bruxelles.
Pour point de départ, les nouvelles formes de démocratie qui se cherchent aux quatre coins du monde depuis 2011 autour d’un produit commun : la contestation publique qui envahit les places, les droits de l’homme, la démocratie et la paix et le respect des libertés.
Au fur et à mesure des séquences, l’étude a permis de développer la réflexion et l’esprit critique sur le droit de manifester, de contester, de s’opposer, de résister, de dire non.
Un itinéraire d’actualité aimanté de drames et de joies, criblé de violences et de tragédies mais aussi palpitant de vies et de voix.

19 textes pour dire

Le projet Outside a permis aux jeunes collégiens de mettre en avant leur opinion critique, leur réflexion, leur raisonnement, avec la sincérité, la force et la conviction des mots.
Ils ont aussi mis en place une petite tribune pour défendre les droits, les libertés et les causes qui leur tenaient à cœur (injustices, discriminations, conflits, révolutions, tyrannies et oppressions, inégalités face à la mondialisation et situations qui portent atteinte à la liberté et à la dignité dans le monde, autolimitation dans les démocraties).
Une entreprise séduisante et difficile car elle portait sur des images diverses et des textes de circonstances liés aux affirmations implicites et explicites des libertés et des droits, qui se trouvent souvent menacés et doivent être défendus.
Nous avons confronté les thèmes abordés dans la presse aux articles des textes fondamentaux des Droits de l’homme et la Convention européenne pour mettre en évidence, à la lumière de l’actualité, les droits et les libertés qui sont défendus ou bien les dénégations qui y sont dénoncées.
Aborder ce thème par la musique, la danse était aussi une manière de montrer aux élèves que la citoyenneté est l’affaire de tous, y compris des artistes, et de travailler sur les notions d’engagement et de responsabilité.

Des droits et des messages

La liberté artistique est en effet le terrain privilégié de la confrontation entre les libertés et les exigences sociales : ce qui a donné plusieurs possibilités de mise en œuvre avec une vraie réflexion sur les démarches et l’étude des fondements de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
154 chansons souvent engagées ont permis de mettre toute l’étude en perspective dans l’atlas. Elles ont guidé l’élaboration du projet. D’autres ont complété l’étude depuis 2017.. La musique a aussi permis de dire des choses. Ce sont les histoires et les chansons ont fait les textes.
Ils se sont générés mutuellement jusqu’à former un tout, avec des approches différentes qui reflètent les impressions et la vision du monde de chaque élève, l’idée qu’ils ont aussi de la liberté qui leur permet de voir et de comprendre, de dire et de dénoncer.
Avec leurs associations d’idées graphiques, sonores….
Tout s’est imbriqué plus facilement avec la musique : on a créé des relations, on a intégré les textes dans le clip qu’on préparait. Une alchimie s’est faite et chaque idée en appelait une autre...Une agrégation successive qui a donné une forme mouvante, dynamique et originale aux évènements et qui a été reprise dans le recueil Figures libres de l’atlas OUTSIDE

Humanités

Des pages d’écriture, 19 textes écrits dans le vacarme assourdissant du monde, des guerres, des manifestations, des colères, des craintes et des peurs…

Le titre le plus ancien est Humanités-« la guerre n’est pas la loi du monde ».

Le texte de 6 pages a été travaillé et répété pendant 6 ans avec les élèves au fur et à mesure de la progression du projet en lien avec l’étude des droits de l’homme.
On a collectionné les idées et les morceaux continuellement au fil des années, et, en fonction de l’actualité on y est revenu et on a adapté.
Ce qui a rendu l’ensemble inévitablement plus cohérent et vivant.
Le texte Humanités a été lu par les élèves au centre de la paix de Verdun, à la mairie de Bayeux et à Omaha, à l’ONU de Genève et lors des commémorations officielles.
Des places, des histoires, des histoires de places... Des voix pour des droits….
A chaque fois que nous avons écrit un texte, on avait l’impression de faire un tableau. Il y a des musiques qui restent en tête et des œuvres qui "se réclament" plus engagées (Scorpions « Wind of change » - Romain Humeau "Paris" mais aussi Aragon, Ferrat, Brassens, Lavilliers, No one is innocent-Charlie, Lennon, U2, Joan Baez....…le projet a listé 154 titres pour accompagner les textes écrits sur les places de la démocratie et la défense des droits de l’homme ! ) Il a fallu tout déchiffrer, tout écouter et faire des choix.
Une flopée d’artistes dévoilés dans le projet et un tas de découvertes pour les élèves !
La variété des musiques n’est pas qu’un pur accompagnement.

Chacune d’elle modèle différemment l’univers du projet sur les thèmes des libertés et des droits de l’homme.
La musique a été un guide pour sensibiliser et expliquer.
Elle a aussi permis de traduire les approches que nous avons choisies et de transmettre des points de vue plus complexes avec un regard lucide et critique sur certaines dérives de notre monde (inégalités, changement climatique, démocratie….).
Une bande-son a même été créée par les élèves (Orange is the new-place Maïdan). L’écriture s’est inspirée de tout. De l’histoire de l’avocate ukrainienne Ioulia Klekot par exemple.
Par delà tout ce que les élèves et nous avons écrit, nos textes disent et sont libres, plein de messages.
Ils sont des principes d’esprit et de tolérance avec des idéaux égalitaires.

A travers toutes les étapes du projet OUTSIDE, on retrouve différentes formes d’engagement à travers l’écriture, les contestations ou encore la création artistique.

Ces engagements défendent les libertés fondamentales, les droits, l’égalité, la justice et la solidarité à travers la démocratie participative. Des droits dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948 et qui sont universels.

Les visages de la danse pour décliner les droits de l’homme

L’an prochain, une expérience artistique sera mise en place dans le cadre de la poursuite du projet OUTSIDE sur les droits de l’homme et la liberté d’expression comme forme d’engagement.
Elle va pousser chaque élève à trouver sa propre identité artistique pour illustrer sa plaidoirie sur les défenseurs des droits de l’homme.
Une autre manière de percevoir et de mettre en scène les libertés et les droits dans leur forme brute et parfaitement intégrée au projet à travers les compositions de thèmes et les articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’actualité du moment.
Poésie, musique et danse seront associées pour dire et dénoncer, penser et débattre, servir le combat en faveur de la liberté d’expression et des valeurs de la démocratie, pour donner un sens inhérent aux déclarations des droits de l’homme.
Des regards et des expressions sur le monde..
Les visages de la danse sur ceux des défenseurs des droits de l’homme pour éveiller le sens critique et déceler les attentes et les espoirs de tous ceux qui luttent pour les libertés dans le monde.

La danse comme une arme

La danse contemporaine aborde de plus en plus souvent les questions qui agitent notre actualité : les migrants, les réfugiés, les prisonniers, les libertés individuelles, la contestation, l’indignation, les régimes autoritaires…
Les artistes, et donc les chorégraphes sont très en prise et en résonnance avec l’état du monde.
Beaucoup d’entre eux sont extrêmement sensibles et préoccupés par les problématiques des droits de l’homme.Généralement ils sont abordés et traduits de manière indirecte par des entrées et des ateliers plus poétiques. Des entrées qui sont celles du traitement de l’espace, de la masse, du collectif avec, en contrepoint, la question de la place de l’individu et de l’évolution du monde et de nos démocraties. C’est le mouvement et la chorégraphie qui portent non pas la réponse, mais des possibles ….

Un langage universel

Les artistes montrent un état du monde dans toutes ses contradictions et ses conflits, mais toujours avec des lignes de fuite qui sont des lignes d’espoir, des respirations.

On a besoin du rêve et de paix pour être en capacité de résistance et de résilience.

Les questions des libertés et des droits, de la démocratie sont d’ailleurs des acquis fortement menacés dans nos sociétés. Il y a vraiment des enjeux extrêmement forts et la danse, à sa manière, est extrêmement investie dans ces combats.
L’émotion qu’elle dégage est toujours nette, précise et affinée.
Dans le projet OUTSIDE, elle permettra de décliner les droits de l’homme et les mots qu’ils incarnent dans les corps de toutes les façons possibles avec un dénouement inattendu aux textes écrits par les élèves !
On n’a jamais mis en danse une plaidoirie !
« La danse révèle les êtres à eux-mêmes et les libère de leurs entraves » Isabella Duncan-la danse de l’être
La danse est un langage universel pouvant être compris par tous, au-delà des mots.
Elle est un outil de réflexion, d’expression, de communication et de débat d’idées..C’est l’idée qui nous intéresse dans le projet.

Danser pour dire, dénoncer, crier…...faire bouger les choses

Les élèves choisiront un article de la Déclaration universelle des droits de l’homme en lien avec les combats pour la liberté menés par le Défenseur des droits de l’homme choisi par l’élève et le représenteront pour exprimer la liberté, la paix et la fraternité.
Ils réaliseront un padlet sur un danseur qui sensibilise aux problématiques humaines et internationales actuelles (Afshin Ghaffarian).
Enfin, ils expliqueront les questions de libertés et de droits à travers l’engagement de la danse et rédigeront une Déclaration universelle des Nations-Unies de la danse pour l’UNESCO.Ils étudieront en classe le film Desert dancer et réaliseront une performance avec Quentin Frankoual, danseur de la compagnie K-Lyptus.

Tous les êtres humains ont le droit de danser librement-chaque danse est unique et doit être respectée-la danse respecte les différentes formes de culture….

OUTSIDE, une danse engagée face à l’état du monde pour défendre les défenseurs des droits humains.

Etre humain
Regarder et interroger le monde

Les élèves concluent la présentation de leur projet par une phrase de Martin Luther King.

"Tant qu’il y a des luttes à mener il y a de l’espoir- c’est l’engagement qui permet de prendre conscience du monde qui nous entoure" -MLK

Par extension, le projet parle aussi de la place et de l’évolution de la démocratie et de l’être humain dans le monde moderne. Tape dans le rouge-OUTSIDE....regarde et interroge le monde. La paix et les libertés sont l’affaire de chacun.

Nous sommes tous concernés par les droits de l’homme.

Les responsables d’Amnesty-Belgique concluent en disant que plus les sujets sont graves plus il est important de se mobiliser et que nous sommes tous concernés par les droits de l’homme.
Ils rappellent que l’objectif des projets sur les droits humains est d’associer dans un même mouvement la formation du futur citoyen et la formation de sa raison critique.
Ainsi l’élève acquiert-il une conscience morale lui permettant de comprendre, de respecter et de partager des valeurs humanistes de solidarité, de respect et de responsabilité (connaissance de la démocratie et de ses principes).
Des valeurs universelles dans le cadre d’une nouvelle citoyenneté pour la défense des droits et des libertés.
Le volet « civique » renvoie à l’exercice de la citoyenneté, dans le cadre défini par les libertés, les droits fondamentaux, les textes internationaux et les institutions européennes.
Pour sceller la rencontre, les 43 élèves de 4ème et les collégiens belges signent ensemble leur propre déclaration universelle des droits de l’homme, qui dit que les droits humains sont aussi les leurs.
Dire, témoigner, s’indigner, contester, dénoncer, manifester, se révolter….pour défendre les droits et les libertés. Partout dans le monde. Une manière de penser et d’être au monde et une belle forme d’engagement.
Vers plus de libertés ?

Get human
Un seul monde ensemble

La visite se termine par la lecture commune du texte "Get human" et un message d’espoir et de fraternité avec les chansons "N’aie rien à craindre" du groupe Eiffel et "Imagine" de John Lennon interprétée par Kids United et reprise en chœur par tous les élèves !
Les collégiens présentent l’affiche de la journée des droits de l’homme qu’ils organisent jeudi 10 décembre 2020 à Castillonnès avec leurs partenaires.
Des flyers et de la documentation sur Amnesty ainsi qu’un diplôme de jeune défenseur des droits humains sont remis à chaque élève par Marine Jeannin.

Regards sur Amnesty et les droits humains-Bruxelles

Les droits humains sont-ils les mêmes partout dans le monde ?
Les mêmes droits pour tous ?

Outside, le résultat est là

Strasbourg, Vilnius, Genève, Bruxelles

Le parcours de projet a conduit les élèves de Castillonnès dans les capitales européennes des institutions européennes et internationales qui symbolisent la démocratie, la paix, la justice et les droits de l’homme dans la poursuite des objectifs des Nations Unies.
Les collégiens envisagent ces prochaines années de réaliser le 4ème et dernier volume de l’atlas de projet sur les droits de l’homme aux Pays-Bas à la Haye (tribunal pénal international et Cour internationale de justice pour formaliser notre étude citoyenne sur les droits de l’homme avec des juristes (paix internationale, droit humanitaire international, droit pénal international, guerre, frontières, migrations, changement climatique et droits humains….) et à Lausanne (les droits de l’homme et les valeurs humanistes de l’Olympisme).
Le point d’orgue d’un projet prolifique.
Vivre les droits de l’homme, c’est aussi faire en sorte d’amener les élèves à développer des initiatives qui servent directement les droits et les devoirs universels, sur le respect desquels repose la vie en société dans un Etat démocratique.

Citoyens du monde

Marine Jeannin remercie les élèves et les professeurs de Castillonnès.
Elle est heureuse d’avoir contribué à nouer avec les collégiens français et belges un dialogue sur les droits humains, les valeurs communes et les questions d’avenir.
Elle espère que le projet Outside permettra d’attirer l’attention et fera réfléchir les jeunes sur les injustices et la brutale réalité du monde dont nous sommes chaque jour témoins.

"Les droits humains nous protègent. Protégeons-les et protégeons tous ceux qui les défendent partout dans le monde. Chacun d’entre nous, adolescent ou adulte, doit se considérer responsable du bien universel qu’est la liberté des hommes. C’est un bien fragile. Aucun peuple, aucune nation, aucun individu ne peut prétendre l’avoir définitivement acquis.... Il y a aussi urgence à regarder les choses en face". MJ

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde"-Gandhi

Apéritif, pause déjeuner et panier repas à Amnesty International.

Une histoire à suivre

Il est déjà temps de rentrer à Castillonnès. Nous sommes parvenus à la fin de notre programme. Nous repartons de Bruxelles vers 13 heures avec la sensation d’avoir passé une formidable semaine, passionnante, riche et variée. Une semaine idéale et interprétée.
Une hypothèse utopique mais pas une version décalée : Bruxelles, ce sera bien…. l’année prochaine… !
On a envie d’y croire.

Collèges d’humanités

Eiffel-n’aie rien à craindre

Live-Paris-2019-La Cigale

Clin d’œil à Romain Humeau dont la chanson "A tout moment la rue" a initié le projet sur la liberté d’expression et les droits humains en 2013.
Le kit-clip de présentation du projet Moov’Europe, prix Hippocrène 2016 au Parlement européen de Strasbourg a également été monté avec son titre "Sombre".
L’artiste a soutenu le projet et envoyé ses félicitations aux élèves à plusieurs reprises.
Un message peut également être perçu dans la chanson "N’aie rien à craindre…." interprétée à la Cigale en 2019  : un mot d’encouragement avait aussi été adressé au chanteur le jour même du concert.

Bernard Lavilliers-Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Kids United-Imagine

OUTSIDE-INSIDE OUT
Autre Bruxelles
Stay home

Un Livret et kit-clip de projet "Imagine Bruxelles" seront produits en mai 2020 avec un dernier texte "Demain revient".

Synthèse du projet sur document PDF joint. 45 pages

BP


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